Sainte Geneviève

CONSTRUCTION EN COURS…

Châsse de sainte Geneviève par Bonnard, réalisée en 1242.
 Cette première châsse, en or et pierres précieuses, fut remplacée en 1242 par une nouvelle œuvre de l’orfèvre parisien Bonnard, plus grande et décorée de médaillons représentant les douze Apôtres

Une figure d’autorité dans le Paris du Ve siècle

Sainte Geneviève naît vers 420 à Nanterre, dans un monde encore romain mais en pleine transformation.
Elle est la fille de Gerontia, sa mère, et de son père, Severus, qui porte un nom romain. Tandis qu’elle, sa fille, porte un nom à ascendance germanique. Cette bi-culturalité reflète la société gauloise du Ve siècle, où Romains et Barbares cohabitent et s’entremêlent depuis plusieurs décennies sur toute la Gaule.

La Vita Genovefae, rédigée vers 520 (environ 20 ans après sa mort), est moins une biographie qu’une hagiographie, c’est-à-dire un texte destiné à édifier les fidèles et à promouvoir le culte d’une sainte.

Elle a connu plusieurs versions qui nous sont parvenues :

En premier lieu, une version cléricale et théologique (v.520), puis, une lecture aristocratique (2e moitié du VIe siècle), et enfin une version simplifiée (VIIe siècle)

Geneviève et les crises du Ve siècle


La vie de Geneviève, longue de 80/90 ans, coïncide avec les crises finales de l’Empire romain d’Occident :

451 : campagne d’Attila en Gaule. Geneviève organise la prière et refuse l’évacuation de Paris. Elle convainc les habitants de ne pas fuir Lutèce. Les Huns se détournent de la ville pour se rendre à Orléans.

Années 470 : installation des royaumes barbares. La ville est encerclé par les troupes franques de Childéric, menacée de famine, elle parvint, en payant de sa personne, à se jouer du blocus en organisant un ravitaillement salvateur pour les concitoyens. De plus, Geneviève en rencontrant Childéric Ier, roi des Francs, obtient la libération des prisonniers à sa demande.

Après 481 : Geneviève rencontre Clovis, qui se convertit au catholicisme et construit une église en son honneur à Paris après sa mort.

Une responsabilité politique et religieuse

Geneviève incarne une forme de responsabilité politique sans pouvoir institutionnel :

∙ Elle négocie avec les Huns, les Francs, les autorités romaines résiduelles

∙ Elle protège les Parisiens (prière collective, distribution de vivres pendant le blocus)

∙ Elle influence les rois barbares (libération de prisonniers)

Son autorité repose sur :

∙ Sa sainteté (visions, miracles, ascèse)

∙ Son réseau (aristocrates, évêques, commerçants syriens)

∙ Sa légitimité religieuse dans une société en voie de christianisation

Problématique : Geneviève agit sans mandat officiel. Sa responsabilité est morale et spirituelle, mais elle produit des effets politiques concrets. Comment une femme sans pouvoir formel peut-elle tenir ce rôle ?