Pourquoi ces figures ?

CONSTRUCTION EN COURS…

Au travers de ces portraits de femmes de l’Histoire qui nous sont parvenus, nous découvrons non une femme qui serait sous « tutelle perpétuelle » (tutela mulierum) ou encore « exclues »1 en des termes juridiques, mais une femme vivant simplement dans l’air de son temps en adéquation avec son libre-arbitre. La vision aujourd’hui se trouve assez réductrice et manichéenne.

Au travers du Liber Manualis dicté par Dhuoda, l’on découvre une véritable personne (persona) qui se retrouve étouffée par le manque et se décide à dicter un ouvrage. Sa charge de mère et de femme de duc l’invite, comme on le voit dans l’ouvrage, à une certaine résilience, et à un jugement pragmatique éclairé.

L’esprit moderne préfère penser que si des ouvrages féminins nous manquent, c’est que les femmes sont reléguées au rôle domestique, assujetties à leur père et leur mari.

Mais il faut bien comprendre que d’abord le rôle de mère est prenant, et la grande majorité des mères expriment une dévotion viscérale pour leurs enfants. Si elles n’écrivent pas, ou que l’on n’écrit pas sur elles, c’est que leur influence se compte en complémentarité de celle de leur mari.

La bonne gestion du foyer et des terres est concomitante. Et leur instruction dans le milieu aristocratique n’est pas à éprouver. Mais qu’en est-il des autres milieux sociaux ?…

Dans une période proche de celle de Dhuoda nous savons d’après les mots d’Eginhard que Charlemagne désire pour ses filles la même instruction que ses fils pour les arts libéraux.

Les hommes chargés des affaires extérieures ne sont-ils pas plus exposés et justement plus prompts à ce que l’on écrivent sur eux ? Mais autrement, si l’on se défait des paradigmes des époques données et que l’on regarde la postérité. Autant de femmes et d’hommes sont cités en dans l’Histoire du haut Moyen Âge2.

Les femmes préférant s’émanciper de leurs fonctions, ou préférant leur liberté personnelle n’étaient que peu punies au haut Moyen Âge.

Ce que cette étude se propose d’analyser au travers de ressources littéraires et hagiographies, c’est que si cette tutelle est formalisée, elle est pour la société du haut Moyen Âge, peu contraignante en pratique.

Dans une période proche de celle de Dhuoda nous savons d’après les mots d’Eginhard3 que Charlemagne désire pour ses filles la même instruction que ses fils pour les arts libéraux.

1.Paul Viollet,

2.Grégoire de Tours,