Economique

CONSTRUCTION EN COURS…

UNE SOCIÉTÉ RURALE ET DOMANIALE

Une économie de subsistance

Le haut Moyen Âge est marqué par une économie de subsistance et une faible monétarisation. L’essentiel de la richesse repose sur la terre. Les Ve-Xe siècles ont laissé peu de traces écrites à la disposition de l’historien de l’économie, mais les sources dont nous disposons (chartes, polyptyques, testaments) révèlent une société où la possession du sol constitue la richesse dominante.

Le système domanial

Les grands domaines (villae) sont divisés en deux parties :

  • La réserve seigneuriale (dominicum) : terres exploitées directement par le seigneur avec des esclaves et des corvées de paysans dépendants
  • Les tenures (mansi) : parcelles concédées à des paysans (libres ou non-libres) en échange de redevances en nature et en travail

Les femmes aristocrates peuvent posséder et gérer des domaines. Elles reçoivent des biens à leur mariage (dot, douaire), héritent de leurs parents, achètent et vendent des terres. Les sources juridiques (chartes, testaments) montrent que des femmes agissent comme propriétaires et gestionnaires de domaines, même si elles le font souvent sous l’autorité formelle d’un tuteur masculin.

Exemple : Dhuoda, à Uzès, gère le domaine de son mari Bernard de Septimanie pendant son absence. Elle s’endette lourdement auprès de créanciers chrétiens et juifs pour assurer la subsistance de la maisonnée et payer les dépenses liées à la charge ducale. Elle demande à ses fils de rembourser ses dettes après sa mort (Liber Manualis, X, 4), ce qui prouve qu’elle assume une responsabilité économique réelle.

Commerce et circulation
Samit d’Aix-la-Chapelle : le Quadrige. Anonyme, Musée du Louvre, MN 371 – © 2019 GrandPalaisRmn (musée du Louvre) / Michel Urtado

Contrairement à l’image d’un Moyen Âge isolé, il existe des réseaux commerciaux actifs :

  • Commerce de luxe avec Byzance et le monde islamique (soie, épices, ivoire)
  • Foires et marchés locaux
  • Artisanat urbain (Soissons, Paris, Reims)

Les femmes participent à l’économie domestique (textile, élevage) et, dans certains cas, à l’artisanat urbain. Dans les villes, on trouve des femmes marchandes, boulangères, brassières.

Monnaie et crédit

La monnaie d’or, héritée de l’Empire romain, circule encore aux VIe-VIIe siècles, mais elle devient progressivement rare. À partir du VIIIe siècle, l’économie carolingienne repose sur la monnaie d’argent (denier). Cependant, la plupart des transactions se font encore en nature ou par troc.

Denier mérovingien du monétaire Audegiselus (Argent, 1.22 g), VIIe siècle, Saint-Martial de Limoges représenté. Gallica

Le crédit existe : Dhuoda mentionne d’ailleurs ses créanciers juifs et chrétiens. Les monastères prêtent de l’argent. Les aristocrates empruntent pour financer leurs expéditions militaires ou leurs constructions d’églises.